SOBRE – JOUR 467

JOUR 467
Mardi 12 septembre 2017
Ambiance musicale : Tori Amos

   Hier soir, j’étais au Grand Rex, j’assistais au concert de la grande Tori Amos, c’était un moment magique. La salle, d’abord, est superbe : faux ciel étoilé, statues rappelant la Grèce et l’Italie d’antan, arche immense entourant la scène… C’est toujours un plaisir de retrouver cette salle à l’ambiance si particulière. Et quand on a le plaisir d’entendre Tori se déchaîner sur ses pianos (oui, au pluriel !) et ses micros (oui, au pluriel !), le bonheur est immense. Elle a chanté des titres phares (Bliss / Caught A Lite Sneeze / Blood Roses / A Sorta Fairytale / Flavor…), qu’elle a revisité de manière complètement dépouillée. Ça valait le détour !

   En débarquant dans le hall, j’ai croisé une fille que je n’avais pas vu depuis le lycée. Le choc. On s’est tout de suite reconnu. Je me souviens qu’elle était fan de Tori Amos. Il y a de ça quelques années, on avait discuté sur Facebook et on s’était mis d’accord pour aller à son concert ensemble. J’avais annulé, je n’avais pas les moyens de me payer une place. Un jour, j’ai réalisé qu’elle m’avait supprimé de ses amis (mes sempiternelles publications antispécistes jugées radicales ont pu expliquer un tel acte) et depuis, plus rien. Je l’ai retrouvé inchangée : toujours aussi bourge (c’est un mot un peu moche, je le conçois), toujours aussi fausse. Ça a été très bref. Elle faisait la queue au merchandising, la conversation a duré une minute chrono. Je lui ai souhaité bonne soirée, je suis allé aux chiottes et je suis parti m’installer. Sans un regard vers elle. Je suis satisfait : j’ai été très correct, mais j’ai agi franchement. Ce que j’essaie de faire de plus en plus.

   Je pense souvent aux relations que j’entretiens avec mes amis. Gentillesse, irritation, bienveillance, impatience, apports positifs, apports négatifs, évolutions, régressions, différences, points communs… Tout se mélange, c’est une véritable réflexion. Parfois, je vois la vie changer. Et les gens avec (moi le premier). La relation avec celle que je nomme encore parfois ma meilleure amie est en train de changer, je le sens. Nos points communs s’usent. Je suis certain que si l’on ne se connaissait pas depuis des lustres, on n’irait pas l’un vers l’autre aujourd’hui. Nos chemins sont différents, nos combats, nos buts, nos finalités aussi. C’est à la fois triste et à la fois pas vraiment. Je pense souvent à elle ces jours-ci (il suffit parfois d’une chanson – elle pourrait aimer tel groupe ; d’un article – le mec en photo ressemble à son petit copain ; d’une conversation…). Je pense à elle mais je ne le lui fais plus savoir depuis peu. J’ai toujours l’impression que ça va dans un seul sens. J’ai toujours l’impression que c’est à moi de faire l’effort, et ça me fatigue. Je n’ai plus envie de ça. Un jour, je lui ai fait remarquer qu’on se voyait bien plus souvent par le passé. Elle m’a répondu qu’à l’époque, se voyait surtout pour picoler tous les deux. Entendre ses mots (je n’ai plus les mots exacts en tête) m’a fait mal. J’ai toujours vu notre union comme quelque chose de plus profond, de plus sincère. Je suis certain qu’elle ne souhaitait pas me faire de mal, mais ses paroles m’ont blessé, je ne peux pas le nier. Elle fait partie de ces personnes qui jugent la sobriété comme quelque chose de pas fun, surtout quand elle souhaite boire. Une chose aussi m’avait choqué un soir. Végétalien depuis peu, j’avais poliment refusé de manger la petite pizza margherita offerte par le bar où nous étions. Elle m’en a voulu : elle m’a dit que ce n’était pas sympa, qu’elle allait devoir tout manger et donc, qu’elle allait grossir encore plus. Par ma faute ! Je lui ai dit qu’elle n’avait qu’à pas la finir si ça lui posait problème ! Elle m’a rétorqué que ce n’était pas correct, la pizza avait été offerte gentiment, ça ne se faisait pas. Quand je repense à ce genre de choses, à ces comportements, je me dis qu’il y a un problème. Parfois, je pense ne pas la connaître réellement. Parfois, je vois en elle une perverse narcissique. Je viens de faire un lien de folie dans ma tête avec la vieille dame que j’ai vu à Lille. Ma tête chauffe. Je mange, je publie ces mots, et je relis mon carnet ésotérique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s